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Ohtsuka
sensei

Maître Philippe Renault

 
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UN PEU D'HISTOIRE et ...
LE BU JUTSU WADOKAN
Nous sommes en 1603. Le Japon sort de cinq siècles de guerres civiles. Il
vient, en dernier lieu, d'être le théâtre du terrible affrontement entre
les clans Tokugawa et Satsuma. Les Tokugawa, vainqueurs, vont
instaurer plus de deux siècles et demi de
paix forcée sur l'île.
Le
clan des Satsuma, dirigé par la famille Shimazu est vaincu mais non détruit. Il
va débarquer sur l'île d'Okinawa en 1605 et la diriger jusqu'en 1879 . Les bushi, ces guerriers
[12ème siècle] issus de la noblesse, que l'on appellera
plus tard samurai [17ème siècle], représentent alors 5 % de la population. La
guerre n'est plus là, et leur frustration grandit tant leur inutilité
devient flagrante.
Le
reste de la population, paysans, artisans, commerçants, en trois classes cloisonnées, cherche dans cette paix inhabituelle, de nouveaux modes de
vie. La
dictature en place va encourager de nouveaux courants de pensée. On accorde alors
de plus en plus la priorité à l'intuition plutôt
qu'à l'intelligence, à l'action sur les mots, au mérite individuel
plutôt qu'aux privilèges de la naissance, etc.
Le
taoisme vient ensuite renforcer ces premiers pas vers une voie
nouvelle. Emprunté aux chinois, ce courant ésotérique est vécu par les
japonais comme un concept plus concret. Ils le traduisent par un chemin
qu'il faut suivre dans la vie, un chemin sans fin, profond, jonché d'embûches,
qui doit être parcouru pour se cultiver, pour finalement atteindre la
perfection .Le tao, do (la voie) en japonais, donne alors naissance au budo (littéralement
: la voie martiale).
Les Tokugawa ferment le Japon au reste du monde et le maintiennent sous
un régime de fer qui interdit toute velléité de rébellion.
Devenus en quelque sorte des fonctionnaires, les samurai, rompus depuis
toujours aux techniques de guerre (bujutsu) sont désormais payés pour
mener des opérations de maintien de l'ordre. Ils doivent utiliser des
techniques de police qui leur permettent d'arrêter puis de maîtriser les
membres des classes "inférieures" (paysans, pêcheurs, commerçants) si
possible... sans les tuer.
Nombreux sont les samurai sans maître (ronins), dont le peuple doit subir les
exactions. Ce même peuple qui, pour se défendre, va devoir utiliser ce
qui lui est autorisé de posséder : des outils et ... ses mains nues. Et
pas question de tuer, c'est la décapitation assurée !
Sur l'ile du Japon comme sur celles des Ryu Kyu voisines,se développent
des techniques d'une redoutable efficacité qui vont souvent laisser désemparé
le samurai en armure ... Le terrible bujutsu sera emprunté aux guerriers
professionnels, adapté, complété par des gens souhaitant le combattre et
auxquels les armes "nobles" sont interdites, sous peine de mort.
A
partir de toutes ces techniques du bujutsu vont émerger des techniques
spécifiques aux habitants, à leurs métiers.
La
naissance des Kobujutsu intégrant Bo, Tonfa, Saï, Nunchaku, est, à cet égard
significative.
Le
Saï, par exemple, est une sorte de lourd poignard d'acier à lame ronde
ou octogonale, non tranchante, possédant deux gardes courbes de chaque coté de sa poignée. On ne connaît
pas son utilisation originelle (piquer le sol pour l'aérer, pour y planter ?) dans un pays où
qui plus est, le métal était rare et cher ... On connaît, par contre, quelle arme en ont
fait les habitants des îles. Manié par paires, il était assez lourd pour
bloquer un sabre japonais. Un saï déviait la lame par un mouvement de
côté et l'autre saï servait à soutenir l'action ou à contre attaquer rapidement en visant les yeux, la gorge ou le bas de l'abdomen ... zones
extrêmement vulnérables une fois brisée ou détournée la lame de
l'adversaire.
De
nombreuses armes vont ainsi être imaginées et utilisées, pour le combat rapproché,
par les fermiers et les pêcheurs, en les détournant de leur raison d'être initiale : rame, bâton long, manivelle de meule
à grain, fléau à grain, chaîne, houe, faucille ...
L'Okinawa - te va, plus tard, également présider à l'élaboration du
Karate. Dans le même temps, un grand nombre de samurai va sublimer
l'art de la guerre et développer le Budo, en oubliant l'esprit belliqueux pour
s'élever vers un achèvement physique et spirituel alliant éducation et éthique
...
Loin de vouloir
exprimer une nomenclature de toutes ces "voies" (do) ou de toutes ces
"techniques" (jutsu), notre propos est avant tout de situer, en ce début
de troisième millénaire, le Bu-Jutsu Wadokan parmi des centaines d'écoles
d'arts martiaux dans le monde entier.
A
Chaville, le Bu-Jutsu enseigné est né de cette combinaison de techniques
d'une redoutable efficacité qui marie les Kobujutsu (techniques
anciennes) plusieurs fois centenaires et les Shinbujutsu (techniques
modernes). Ces techniques connues des samurai de l'ère Meiji [1867-
Mutsuhito- Meiji]
sont toujours enseignées aux policiers japonais qui sillonnent les
rues de Tokyo au moment où vous lisez ces lignes.
Wadokan de Chaville
Ecole d'arts martiaux japonais traditionnels
Nihon Bu Jutsu Ryu
Le Bu Jutsu
Wadokan
est une école traditionnelle de karate jutsu d'origine Wado
Ryu
de Maître Ohtsuka, efficace combinaison de karaté et de ju jutsu,
comprenant donc le combat à mains nues (boxe de pied et poing,
projections, clefs, contrôles) ainsi que l'étude du maniement des
armes
de base du Ji Bugei comme le bâton long (bo), bâton court (tambo), sabre de bois
(boken), couteau (tanto), sabre (katana). Les armes originaires des Ryu
Kyu (dont les villes d'Okinawa, Naha, Shuri, Tomari ...) sont également enseignées à travers des
programmes permettant d'acquérir la maîtrise progressive, du fléau à
grain (nunchaku), de la manivelle de meule à grains (tonfa), du trident ?
(saï) ...
Les défenses à
main nues contre un opposant utilisant ces armes, les défenses avec
une arme de base contre un opposant détenant une arme similaire font
tout autant partie de ce cursus.
En France, le
Dr. Philippe Renault, 6ème dan Karaté FFKAMA, (7ème
kyoshi
Nihon Ju Jitsu de l'IMAF, 5ème dan Kobudo) a su orienter et présenter
dans une méthode unifiée et logique l'ensemble des divers enseignements
qu'il a reçu. Son gigantesque
travail de reformulation et de rédaction offre à ses assistants un
enseignement où la pédagogie, le lien avec la réalité et les références
culturelles bâtissent un cursus de niveau universitaire de type
"classique occidental".
La pratique du
Karate Wadokan
apporte vigueur, souplesse et assurance. Les kihon du
karate (phases d'entraînement répétées sur des mouvements élémentaires)
développent la précision du geste et la vitesse d'exécution. La pratique des ukemi (chutes) assouplit le corps et contribue à une meilleure
perception du corps dans l'espace. L'étude des clefs de base et des
points vitaux apprend à contrôler sans effort une personne de grande
force. La conjonction en un tout des enchaînements de blocages,
contre-attaques, clefs, projections, contrôles et travail au sol ouvre des
perspectives de très grande ampleur aux pratiquants qui découvrent un
univers de possibilités extraordinaires. C'est aussi une très grande
leçon d'humilité et de prudence, car démontrant la dangerosité que
peuvent représenter des
attaques bien effectuées par des agresseurs avertis ...
Hommes et femmes
peuvent pratiquer car l'enseignement est mené avec un esprit de sécurité
et d'adaptation à la morphologie et au potentiel de chacun. Les enfants
et les adolescents trouvent complètement leur place et leur intérêt dans
la pratique du
Wadokan tant en cours qu'en compétition. Une rubrique leur
est spécifiquement consacrée dans ce site, il suffit de cliquer dans le
bouton "enfants" figurant dans la colonne de
gauche de cette page.
Pour le
Karate Wado ryu, le Wadokan de
Chaville, affilié à la Fédération Française de Karate [FFKDA], est
également adhérent à l'association France Wadokai .
Le
Bu Jutsu Wadokan (karate
jutsu, kobu jutsu)
est
essentiellement orienté vers la self défense et l'efficacité. Le but
premier n'est pas la compétition sportive comme en karate do ou en judo,
il n'est pas non plus une participation à deux dans une coopération
non-violente comme dans l'Aikido. Ceci étant, il trouve ses origines
aussi bien dans l'ancien Japon que dans les îles Ryu Kyu, où pour
survivre tout moyen utilisant les armes naturelles du corps ou les
armes potentielles qui se trouvaient à portée de mains comme les outils
agraires devait concourir à se sortir de situations difficiles et
dangereuses.
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