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Christian Trocmé,
Professeur

LES ARMES DU BU JUTSU WADOKAN

Ces armes traditionnelles sont autant en bois qu'en métal lorsque vous les voyez dans les mains des bujutsuka adultes.
Au Japon, à Okinawa et dans les îles avoisinantes, elles étaient des armes par destination (fléau à grains, faucille, rame, chaîne, manivelle de meule à grains, houe ...) car la simple possession d'armes par nature (sabre, épée, lance ...) était formellement interdite et passible le plus souvent de la décapitation immédiate. Pour en savoir plus, visitez notre page LE BU JUTSU en cliquant dans le bouton de la colonne de gauche.

L'apprentissage de ces différentes armes est essentielle au sein de notre Ecole d'arts martiaux japonais traditionnels car elles font partie intégrante de notre programme d'enseignement du kobudo (ko bu jutsu, plus précisément).
Ajoutons à cela qu'en méconnaître l'utilisation en combat rendrait quasiment systématique l'impossibilité de s'en prémunir.
C'est aussi pourquoi nous les enseignons, dans une optique de protection de soi et d'efficacité.
Pour les enfants qui apprennent tôt leur maniement au dojo, elles peuvent,  pour certaines d'entre elles, être en mousse.

Parmi les plus couramment usitées, en voici quelques unes :

Arme Description et commentaires Illustration
Bo C'est un bâton long de bois dur dont la section est généralement ronde, dans certains cas ovale, dont les extrémités peuvent être d'une circonférence identique à la totalité du bâton ou parfois légèrement coniques. Sa longueur varie entre 1,60 m et 2,40 m et est le plus souvent de la taille du combattant. Cette arme et ses techniques (bo jutsu) ne sont pas sans rappeler celles utilisées en France, au Moyen Age, par les voyageurs ou les pèlerins. C'est cette arme que notre Ecole a choisie pour commencer l'enseignement  du Kobudo aux enfants.

Bokken
ou bokuto
C'est le sabre traditionnel (katana) des bushi ... en bois dur. Ne vous y méprenez pas, on attribue au célèbre sabreur Mushashi Myiamoto, nombre de combats victorieux avec cette arme. Son origine était fort probablement induite par la volonté des écoles de sabre de permettre un entraînement qui ne solderait plus obligatoirement ... par la mort des guerriers. Dans les faits, au lieu de trancher et de piquer, en frappant, on "écrasait" ... les articulations, les tendons ... ce qui peut laisser perplexe quant aux résultats induits par ce choix.
Dans notre Ecole, elle sert à l'entraînement et aux katas.

Tonfa C'est à la base une manivelle dont la partie la plus longue venait se loger dans la pierre d'une meule à grain et la partie perpendiculaire permettait d'actionner l'ensemble pour faire tourner la meule autour de son axe. Cette arme est toujours en bois dur de section ronde ou rectangulaire (carrée ?) et utilisée par paire dans le kobudo. Elle n'est pas sans faire penser à celle utilisée par de nombreux services de police ou de sécurité dans le monde (un seul tonfa, dans ce cas).

Nunchaku C'est bien cette arme que l'on voit dans un grand nombre de films d'arts martiaux. C'est à la base un fléau en bois dur dont les deux branches, de section ronde ou octogonale, d'égale longueur, sont reliées par une cordelette. Particulièrement redoutable en apprentissage comme en combat, elle est enseignée aux enfants, dans notre Ecole, avec des modèles en mousse.
Saï C'est une sorte de trident en métal non tranchant, de section ronde ou octogonale. Son origine et son usage initial sont difficiles à identifier. Il était alors une des rares armes capables de dévier voire de casser une lame de sabre. On le manie par paire et dans certaines écoles, un troisième était glissé dans la ceinture, dans le dos du bushi (pour le jet ?).  Aujourd'hui, on peut l'acquérir en fer forgé d'un seul tenant ou en version chromée.
Aikuchi C'est un poignard ou un couteau sans garde (tsuba). Connaître son usage en combat est , par exemple, un des éléments fondamentaux de la défense à mains nues enseignée dans notre Ecole.
Tambo C'est un bâton court (une matraque en bois dur, ni plus, ni moins). Utilisée par toutes les polices du monde pour le maintien de l'ordre, elle l'était également et pour les mêmes raisons par les samouraï. Son enseignement dans notre Ecole est également complémentaire de celui de la défense à mains nues.